Film Look

Un blogue sur le cinéma

Sexism in film criticism from The Revenant back to Saving Private Ryan

Last month, a tweet by Jeffrey Wells created a polemic on social medias because of his sexism. In The Guardian, Andrew Pulver resumed:

After attending an early preview screening of the film, which follows the revenge mission of a trapper left for dead during the old American west and is directed by Alejandro González Iñárritu, Wells sent out a tweet with fulsome praise of the film, and finished by stating: “Forget women seeing this.”

As I was searching about Saving Private Ryan, I found a similar comment back in 1998 by Todd McCarthy in Variety:

Grim, sometimes moving and just occasionally windy film is unusually demanding and serious for a mainstream midsummer attraction, as well as a questionable bet for some women and more conventional thrill-seeking teens.

Of course, the comment is different and show a more casual and implicit sexism, were « some women » stands for the too-fainted heart, along with some « thrill-seeking teens ». But, one can say that it shows how the social media has taken the scene now, given the opportunity to everybody to troll on anything, because such a comment in the pre-twitter 1998 didn’t cause any polemic.  Yet, it can as well demonstrate a certain sexist tradition of film criticism, and how now, at least, some people can and do react about it, for good.

 

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Hayao Miyazaki working on new project, says “I’m going to continue making anime until I die”

SoraNews24

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Legendary anime director Hayao Miyazaki is in Los Angeles right now, as he’s making a rare trip to the U.S. to receive a lifetime achievement award from the Academy of Motion Picture Arts and Sciences. While we’re sure plenty of fans are excited to see Japanese animation’s most respected figure receive such a prestigious honor, there’s something else for them to be happier about: Miyazaki’s statement that he’s not even close to done making anime.

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Le HFR (ou 48fps): De la mauvaise télévision sur grand écran?

Quentin Tarantino prétend sérieusement qu’il va arrêter de faire des films si le cinéma devient entièrement numérique (et, selon plusieurs, il l’est déjà, mais c’est un autre débat). En 2012, lors d’une table ronde pour le Hollywood Reporter, il soulignait encore que:

Well, part of the reason I’m feeling this way is, I can’t stand all this digital stuff. This is not what I signed up for. Even the fact that digital presentation is the way it is right now — I mean, it’s television in public, it’s just television in public. That’s how I feel about it. I came into this for film.

Le débat est évidemment plus complexe (David Bordwell a publié l’an dernier plusieurs billets pertinents sur le sujet ainsi qu’un excellent livre numérique au prix ridicule de 3,99$US), et, comme Martin Scorsese vient de l’exprimer dans une magnifique lettre ouverte à sa fille, on peut penser que l’avenir du cinéma dans le contexte actuel est plein d’espoir. Ceci dit, retenons que projeter un film sur grand écran en vidéo numérique rappelle les moyens de diffusion de la télévision. Et en ce sens, j’ai frappé un mur quand à cette limite hier en allant tester pour la première fois de ma vie la fameuse technologie de projection HFR (ou 48fps).

HFR vient de l’anglais « High Frame Rate », que l’on pourrait traduire par « fréquence d’images élevée » (merci à linguee.fr). Comme beaucoup d’autres choses dans notre monde monopolisé par les technologies et l’économie anglo-saxonne, malgré l’expression anglaise, l’acronyme reste le même en français (les cinémas en France et au Québec annoncent des projections en salle sous l’appellation « HFR »).

On voit aussi circuler l’expression « 48fps » pour 48 frames per second, ce qui signifie 48 images/seconde (ici, j’utiliserai « i/s » pour « images/seconde »). La technologie HFR représente tous les systèmes de projection qui offrent des fréquences plus rapides que le standard cinématographique académique conventionnel, qui est de 24 i/s et qui remonte à l’arrivée du cinéma sonore synchrone vers 1927. Les deux derniers opus de la sage The Hobbit (The Hobbit: An Unexpeted Journey (2011) et The Desolation of Smaug (2012)) ont été tournés à 48 i/s et, dans certaines salles, on a pu les voir projetés aussi à 48 i/s. Cette technologie a grandement été publicisée par James Cameron et Peter Jackson, qui y voient un avantage à l’aspect « immersif » de leurs films, surtout lorsque couplé avec de la 3D. Plus d’informations sur cette technologie se retrouvent sur wikipedia et le site de Christie, un fabriquant de projecteurs numériques.

Bref, sans être un fervent défenseur du cinéma numérique, des nouveaux écrans Imax numériques (qui ont crée une controverse) et de la 3D, les films spectaculaires qui savent utiliser ces technologies me plaisent beaucoup (si si, Avatar en Imax 3D m’a ému). J’avais donc hâte de voir Hobbit en HFR. J’avais raté le premier en salle, mais j’étais prêt pour le second. J’ai magasiné minutieusement mon truc pour trouver que le Guzzo du Marché Central était un des seuls à le projeter en Imax 3D HFR à Montréal.

Ce qui s’annonçait être la crème de la crème fut un désastre. Dès le premier plan, j’ai eu cette sensation désagréable d’un énorme effet roman savon (ou effet sitcom ou effet caméscope, peu importe) duquel j’ai parlé précédemment ici. Tout avait l’air faux. J’avais l’impression d’une télésérie du dimanche tourné en vidéo à 100 millions de dollars, ou d’une compilation de séquences de jeux vidéos hollywoodiennes, le tout en 3D sur Imax. Chaque effet spécial m’apparaissait comme un effet spécial. Les Hobbits et les nains n’avaient l’air que des acteurs normaux rapetissés à l’ordinateur, et les géants, des acteurs normaux agrandis à l’ordinateur. Les décors, pourtant sublimes dans les autres opus de la saga, ressemblaient à des cinématiques non terminées, encore sur le plan de travail des ordinateurs des infographes, ou à des jeux de plastiques pour enfants sans âme, en train de bouger d’eux-mêmes sans grâce aucune. L’image était extrêmement précise, certes, mais désagréable à regarder.

En fait, le problème était plus qu’esthétique: je n’arrivait ni à suivre le récit, ni à me concentrer sur ce qui se passait vraiment à l’écran. Je ne comprenais pas les interactions entre les personnages parce que tout était laid. Littéralement, la technique et le style me sortaient du film. J’étais incapable de faire cette immersion nécessaire à tout film hollywoodien qui se respecte, voire même à n’importe quel film tout court. Après moins de 30 minutes, j’ai préféré sortir de la salle et me faire rembourser. Et je tiens à préciser que ça n’a rien à voir avec la qualité du film mais bien avec la seule projection. J’ai plutôt aimé le premier film de la série, The Hobbit: An Unexpected Journey (2011), que j’ai visionné en Blu-ray chez moi tranquillement en 24p. Ce que je veux dire, c’est que j’étais incapable d’apprécier quoi que ce soit du film, autant le scénario, le jeu des acteurs, la mise en scène, la conception sonore, la musique, etc., tellement j’étais subjugué (et déconcentré) par tant de laideur.

Je ne suis pas le seul à avoir ressenti une aversion par rapport au HFR. Beaucoup de critiques avaient réagi négativement au premier opus de la saga, et malgré les efforts de Peter Jackson pour reléguer à ceci dans ce second film de la trilogie, il y en a encore qui ont des réserves sur ce système de projection.

Ceci dit, après toute cette expérience, j’ai pris le temps de trouver certaines réactions positives vis-à-vis ce système, notamment ici et ici, par ce qui semblent être des communautés de technophiles aguerris. Je dois admettre que je vais éventuellement devoir donner une deuxième chance au HFR, pour au moins un film au complet (ou que je vais être forcé de le faire, vu la volonté des promoteurs de nous imposer ce genres de trucs).

D’ici là, si l’avenir du cinéma est de nous projeter de la mauvaise télévision sur grand écran, nous suivrons la voie annoncée par Tarantino en arrêtant d’aller voir les films en salles.

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Cliquez sur l’image pour visionner l’extrait de Clockwork Orange (Kubrick, 1971)

Comment traduire le soap opera effect

Il y a peut-être deux ans, ma belle-mère s’est achetée un téléviseur HD (LCD), ainsi qu’un lecteur Blu-ray, ce que, à l’époque, nous n’avions pas encore à la maison. Excités par la chose, ma copine et moi nous sommes rapidement invités chez elle et avons louer un film pour tester le tout (d’accord, j’étais le seul vraiment excité des deux), The Adjustment Bureau (2011).

L’horreur! Je n’ai pas grand chose à dire sur le film en tant que tel, qui est particulièrement anecdotique, quand à mon expérience visuelle qui a été déconcertante et nous a donné l’impression que tout à l’écran (acteurs inclus) était purement fabriqué en plastique bas de gamme.

Avec cette expérience HD supposément ultime, le maquillage sur le visage des acteurs devenait apparent, les poursuites, chorégraphiées et les décors, en carton-pâte. L’image paraissait « glisser » et aller trop rapidement, comme si l’écran était devenu une grande patinoire pour l’oeil, et une patinoire sursaturée aux couleurs criardes d’un centre commercial. Exit la magie du « film look« , nous avions l’impression de regarder un vulgaire « making of » ou une vidéo amateur mais pas un « film ». Cette sensation était partagée autant par moi, geek de l’image un peu trop pointu, et ma copine, spectatrice « normale », qui fait semblant de s’intéresser à mes préoccupations technophiles pour me faire plaisir.

Après de multiples recherches (et l’achat de mon propre téléviseur HD), j’ai compris que nous avions été victime du « soap opera effect » (explications iciici et ici), une sorte de résultante des réglages par défaut des téléviseurs HD.

Cette expression circule largement en anglais, mais n’est pas aussi répandue en français. Sur le net, j’ai trouvé deux équivalents: l’effet sitcom, commenté largement ici par un fervent détracteur, et l’effet caméscope, mentionné ici sur un forum de technophiles par rapport au procédé de projection HFR (sur lequel je vais revenir bientôt). Honnêtement, je trouve que « effet roman savon », c’est plus mignon. Mais bon, je vais me permettre d’adopter « effet caméscope », qui fait plus francophone que « sitcom ».

Qu’est-ce qui provoque donc cet « effet caméscope »?

Grossièrement, cela est dû aux téléviseurs qui offrent des fréquences d’images plus rapides comme les 120hz, les 200hz, les 400hz, etc. En Amérique du Nord, la télévision fonctionne à 30 images/seconde (ou 60 images/seconde en HD). Pour créer un 120hz, il faut littéralement au moins doubler le nombre d’images à la seconde. Pour y arriver, le téléviseur « crée » des images supplémentaires afin de combler le manque, via un logiciel intégré qui « imagine » ce qu’il y a entre deux photogrammes existants. C’est ce qu’on appelle en anglais le « motion interpolation » (définition sur wikipédia ici), soit un procédé d’interpolation en fonction du mouvement d’un signal vidéo (traduction bancale via linguee.fr).

En gros, votre téléviseur fait une sorte de dessin animé photographique entre chacune des images que vous regardez. Normal qu’après, ça ait l’air faux. Un ami réalisateur de dessin animé m’a d’ailleurs mentionné qu’il avait intuitivement deviné ce défaut sur le téléviseur de ses beaux-parents ( qu’ont-ils, ces beaux-parents, à exalter autant l’esthétique des romans-savon?), en raison de son habitude à voir des images ainsi crées par certains logiciels de dessins animés.

Pour enlever cet effet, il faut aller dans les réglages et désactiver à peu près tout ce qui concerne les « améliorations » des images proposé par votre téléviseur. Je me suis acheté mon propre téléviseur HD (DEL) l’an dernier et une fois tout cela fait, l’image est magnifique. En magasinant bien, on peut aussi trouver un téléviseur qui offre l’option 24p, soit la diffusion à 24 images/seconde. Pour regarder des films (idéalement sur un lecteur blu-ray) et préserver la cadence « académique » du cinéma (i.e. 24 images/seconde), c’est l’idéal. Qu’on se le dise!

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Cliquez sur l’image pour voir l’extrait de Palombella Rossa (Moretti, 1989)

Mon nouveau blogue, de tumblr à wordpress

Ce blogue fait suite à ce qui existait déjà là sur tumblr.

Merci de me suivre désormais ici! 🙂

Gui CD